L’analyse des statistiques de ce blog a mis en évidence un point dont nous ne soupçonnions pas l’exacte importance jusqu’ici. En effet, au premier rang des mots-clés utilisés par les lecteurs pour atteindre Proutcacaboudin – le blog qui fait schplouk – se trouve le terme « coprophilie », que nous avions très rapidement évoqué précédemment dans une volonté d’humour. Il semblerait donc que cette « pratique » intéresse – ou au moins intrigue – un certain nombre de nos visiteurs.
Pour bien comprendre cette notion, il convient tout d’abord de savoir de quoi on parle, et distinguer différents termes qui reviennent souvent lorsque l’on évoque le sujet. La coprophilie renvoie au fait d’aimer ses excréments, de jouer avec. Le terme « coprophagie » concerne quant à lui le fait de manger ses excréments ou ceux des autres. Dans le domaine psychiatrique, on parlera de scatophilie pour décrire le fait de s’étendre dans son caca, l’admirer ou encore le conserver. On utilisera également ce mot pour évoquer les pratiques sexuelles qui consistent à éprouver une certaine excitation à manger ou faire manger son caca, ou recouvrir son partenaire d’excréments. Nous ne sommes pas là pour juger des pratiques de ces personnes, et nous nous contenterons donc d’essayer de les comprendre.
Lorsque l’on s’intéresse rapidement à ce sujet, on se rend compte que ces termes renvoient soit à des troubles psychiatriques soit à des pratiques sexuelles. Wikipédia nous apprend qu’en psychiatrie, ces troubles se retrouvent par exemple chez des enfants en retard mental ou chez des sujets troublés par de graves traumatismes affectifs ou par un sentiment d’abandon. De la même manière, la volonté d’être souillé (humilié ?) lors de jeux sexuels semble renvoyer à des plaisirs liés à l’enfance. Comme pour bien des sujets tabous dans notre société, certains semblent y trouver un certain intérêt et poussent le vice bien plus loin que la création d’un blog ayant pour thème central le caca. En tentant d’expliquer les raisons qui font du caca un sujet tabou, on peut peut-être avancer une première piste d’éclaircissement. D’après certains écrits, la relation à ses excréments renverrait à une certaine image de la mort liée au cycle de la digestion. Pour récapituler brièvement, les aliments sont ingérés, vidés de leur « énergie » et ressortent sous forme marron à l’autre bout du corps, qui plus est en dégageant des odeurs nauséabondes. On pourrait interpréter cela comme la perte d’une partie de soi, ce qui pourrait expliquer le rapport difficile que l’homme entretient avec son caca une fois arrivé à l’âge adulte, et peut-être même de plus en plus au fur et à mesure qu’il vieillit.
A l’autre extrémité se trouvent donc des personnes qui éprouvent un certain plaisir à manger leurs propres déchets, semblant trouver une excitation démesurée dans une pratique qui dégoutera la grande majorité de leurs pairs, voire les dégoutera eux-mêmes, comme l’explique Rob, avocat américain de 38 ans, dans un entretien accordé au magazine US « The Guide » : “Le but de tout vrai mangeur de merde est de voir combien il peut en manger avant de dégueuler”. Je rappelle que c’est uniquement un souci d’exactitude qui nous amène parfois sur des sites improbables, et je vous préserverai ici des fameux “2 girls 1 cup” ou autres pages internet qui hantent encore quelquefois mes nuits.
Alors, pour vous, d’où peut venir cette attirance des plus extrêmes ? Ceux qui sont tombés sur notre blog en tapant certains des termes listés ci-dessus peuvent-ils nous expliquer plus en détail leurs motivations ? C’est avec grand plaisir que nous accueillerons toutes sortes de témoignages, alors n’hésitez pas à nous faire part de votre avis.
(pour les plus curieux, Rob nous apprend également que le caca « ressemble beaucoup au camembert, c’est une saveur riche, amère, intense. Idéalement, on ne l’avale pas directement, on la savoure ». Avis aux fins gourmets ; ) )
Mots-clefs : camembert, coprophagie, coprophilie, scatologie

février 9, 2009 à 11:40 |
[...] des hostilités sur Proutcacaboudin après une nouvelle période d’inactivité. Après avoir déjà évoqué les sujets qui font (entre autres) le succès de ce blog, nous vous livrons aujourd’hui un aperçu plus détaillé des préoccupations de nos [...]
avril 23, 2009 à 2:21 |
Bonjour,
Bon premièrement, ce que dit Rob sur son site (je suis déjà tombé sur son site) sur la performance d’injestion maximale et le rapprochement avec la camembert me semble pas représentatif de la majorité des coprophiles.
Je pense que l’humiliation et le lien à l’enfance sont déjà beaucoup plus censés.
Je suis peintre et j’aime peindre les tabous, j’ai fait toute une série sur des portraits de femme avec les aisselles poilues par exemple.
Mais plus récemment j’ai exploré le sujet du “caca”. J’ai essayé de peindre un étron humain pas comme il est usuel de le considérer, à savoir sale et puant mais plutôt comme une agrégation, une sorte de concrétion naturelle, une sculpture, un assemblage de morceaux;
car au fond ce qui dégoute c’est le fait que ca sente mauvais et que cela sorte par les fesses : des restes de repas comme tu le soulignais.
Dans cette peinture j’ai essayé au contraire de m’éloigner du point d’origine et de peindre cette sculpture naturelle comme on peut admirer le travail des abeilles : La ruche.
Voici le lien vers mon oeuvre intitulé “La crotte”:
http://www.fabricemartin.fr/pages/H0034.htm
J’espère avoir contribué à la thématique évoqué dans cet article.
Fabrice MARTIN.